|
Ressources >
Activités
> Activité 2 > page 5
Activité 2. Dans les escaliers et à
lextérieur, allez-y de PIED ferme !
Reproduit avec la permission de la Régie Régionale
de la santé et des services sociaux de Montréal Centre,
Programme Intégré d'Équilibre Dynamique (PIED).
Information destinée à lanimateur
Les escaliers
Monter et descendre les escaliers : une activité
complexe
Aux États-Unis la Consumer Product Safety Commission
a établi, dans les années 70, que les escaliers représentaient
le produit de consommation le plus dangereux (Archea, 1985). Le
risque de blessures dans lescalier augmente avec lâge
et ce sont les femmes qui vivent seules qui semblent les plus à
risque (Startzell et al., 2000). Les chutes et les blessures reliées
aux escaliers se produisent beaucoup plus souvent en descendant
lescalier (Tinetti, Speechley & Ginter, 1988).
Les auteurs pensent que les erreurs perceptuelles
causées par des défauts architecturaux sont responsables
dune bonne partie des chutes (Startzell et al., 2000). Par
contre, laltération des fonctions perceptuelles des
aînés pourrait aussi être en cause. En effet,
négocier un escalier sollicite les systèmes visuel,
proprioceptif, vestibulaire en plus des systèmes cardiaque
et musculo-squelettique (Startzell et al, 2000).
Lorsquon utilise les escaliers, il semble que
notre cerveau enregistre, dès les premières marches,
la hauteur des marches et lespace disponible pour les pieds
(Achea, Collings & Stahl, 1979). Dans le milieu de lescalier,
les repères visuels sont moins utilisés, cest
la proprioception qui est le sens le plus sollicité car notre
cerveau présume que toutes les marches sont égales.
Il est possible aussi que la proprioception joue un rôle important
pour placer le pied sur la première marche dans la descente
(Startzell et al., 2000).
Lutilisation de lunettes à doubles foyers
peut avoir un impact négatif sur la sécurité
dans les escaliers puisquelles peuvent créer des distorsions
visuelles (Startzell et al., 2000).
Les comportements dans les escaliers
Négocier un escalier est considéré,
par les aînés, comme lune des cinq activités
quotidiennes les plus complexes auxquelles ils sont confrontés
(Williamson & Fried dans Startzell et al., 2000).
Comparés à des personnes plus jeunes,
les aînés sont plus prudents lorsquils empruntent
un escalier. Néanmoins, près de la moitié des
aînés avouent adopter un ou plusieurs comportements
risqués, notamment (Startzell et al., 2000) :
- utiliser les escaliers nu-bas ou avec des
chaussures non sécuritaires;
- ne pas tenir la main courante;
- laisser des objets dans les marches.
Le fait de transporter des objets dans les escaliers
a aussi été identifié comme un comportement
souvent relié aux chutes dans les escaliers (Startzell et
al., 2000).
Lutilisation de la main courante augmente la
sécurité dans lescalier de plusieurs façons
(Startzell et al., 2000) :
- sert de pivot lors des changements de direction
dans lescalier;
- diminue la charge sur les membres inférieurs;
- sert de point de référence pour lorientation;
- permet de prévenir les chutes dans le cas
dune perte déquilibre.
Des escaliers sécuritaires
À titre informatif, le tableau ci-dessous présente
les principaux éléments structuraux à considérer
pour rendre les escaliers plus sécuritaires (Pauls, 1998).
| Les marches |
| Hauteur maximale : 7» (180 mm). |
|
Profondeur minimale : 11» (280 mm).
|
| Dimensions égales pour toutes les marches
(± 5 mm). |
| Marquer les marches isolées et celles
de dimensions différentes (bande contrastante). |
| Retirer les tapis et les sous-tapis de plus de
3/8 dépaisseur (10 mm). |
| Fixer solidement les couvre-marches. |
| Utiliser un fini non glissant. |
| À lextérieur, incliner les
marches de 1o. |
| Uniformiser, arrondir le nez des marches qui
dépasse (les aînés sy accrochent les
pieds). |
| Pour les marches de plus de 11» de profondeur,
ne pas faire dépasser le nez. |
| Éviter les recouvrements de marche qui
amènent une distraction visuelle (grillage). |
| Installer un éclairage qui permet de bien
distinguer le nez des marches. |
| Marquer le nez des marches si on ne les distingue
pas bien. |
| Installer un éclairage qui néblouit
pas et ne cause pas dombre. |
| Installer un interrupteur à chaque bout
de lescalier ou des lumières photosensibles. |
| Installer une veilleuse toujours allumée. |
| Les mains courantes |
| Installer au moins une main courante, indépendamment
du nombre de marches. |
| Dans les escaliers publics très larges,
installer une main courante à lendroit le plus
fréquenté. |
| Dans les escaliers utilisés par les foules,
les mains courantes doivent avoir une distance de 60»
(1,5 m) entre elles. |
| Les mains courantes doivent commencer avant les
marches et se prolonger après les marches. |
| Installer une main courante que lon peut
encercler entre le pouce et les doigts, pour une préhension
facile. |
| Garder un espace suffisant pour la main entre
le mur et la main courante. |
| Installer la main courante à la hauteur
approximative du coude dun adulte soit à 36 à
39» (90-100 cm). |
| Installer des mains courantes dont la couleur
contraste avec le décor. |
| Réparer ou remplacer les mains courantes
brisées. |
| Fixer solidement les mains courantes aux murs
et aux montants de lescalier. |
Garder son équilibre,
une tâche qui exige de lattention
On a longtemps pensé que le maintien
de la posture chez lhumain était une tâche tellement
bien apprise quelle était automatique (Dault, Geurts,
Mulder & Duysens, 2001). Pourtant, depuis quelques années,
les chercheurs ont montré quil est plus difficile,
surtout pour les aînés, de garder son équilibre
lorsquon réalise une tâche qui demande de lattention
(Marsh & Geel, 2001; Melzer, Benjuya & Kalanski, 2001; Ranking,
Woollacott, Shumway-Cook & Brown, 2000; Redfern, Jennings, Martin
& Furman, 2001; Shumway-Cook, Woollacott, Kerns & Baldwin,
1997).
De plus, il a été démontré
que léquilibre des aînés est facilement
perturbé par la survenue déléments visuels
mobiles dans leur champs de vision (Borger, Whitney, Redfern &
Furman, 1999). Cela suggère quen vieillissant, le maintien
de léquilibre exige de plus en plus dattention
(Shumway-Cook & Woollacott, 2000) et que les aînés
peuvent augmenter leur risque de chute lorsquils se placent
dans des situations de tâches multiples (Marsh & Geel,
2000).
Pourtant, dans leur quotidien, les aînés
sont constamment confrontés à des situations de doubles
tâches, souvent dans des conditions environnementales qui
défient les systèmes sensoriels de léquilibre.
Par exemple : marcher sur un trottoir inégal et tourner
la tête au passage de lautobus ou encore marcher dans
un garage mal éclairé en cherchant ses clés
dans ses poches. Les lieux de transition, comme les vestibules et
les entrées, sont des lieux propices à ces situations
complexes (Reinsch, MacRae, Lachenbruch & Tobis, 1992).
Références
Achea, J., Collings, B. & Stahl, F. (1979). Guidelines
for stair safety. Vol. Series 120. Washington : U.S. Government
Printing Office.
Archea, J. (1985). Environmental factors associated
with stair accidents by the elderly. Clinics in Geriatric Medicine,
1(3) : 1555-569.
Borger, LL., Whitney, SL., Redfern, MS. & Furman,
JM. (1999). The influence of dynamic visual environments on postural
sway in the elderly. J Vestib Res, 9(3) :197-205.
Dault, MC., Geurts, AC., Mulder, TW. & Duysens,
J. (2001). Postural control and cognitive task performance in healthy
participants while balancing on different support-surface configurations.
Gait Posture, 14(3) : 248-55.
Marsh, AP. & Geel, SE. (2000). The effect of age
on the attentional demands of postural control. Gait Posture, 12(2) :
105-113.
Melzer, I., Benjuya, N. & Kaplanski, J. (2001).
Age-related changes of postural control : effect of cognitive
task. Gerontology, 47(4) : 189-94.
Pauls, J. (1998). Benefit-cost analysis and housing
affordability : The case of stairway usability, safety, design
and related requirements and guidelines for new and existing homes.
Pacific Rim Conference of Building Officials. Actes du congrès
Hawaii.
Rankin, JK., Woollacott, MH., Shumway-Cook, A. &
Brown, LA. (2000). Cognitive influence on postural stability :
a neuromuscular analysis in young and older adults. J. Gerontol
A Biol Med Sci 55(3) : M112-9.
Redfern, MS., Jennings, JR., Martin, C. & Furnam,
JM. (2001). Attention influences sensory integration for posture
control in older adults. Gait Posture, 14(3) : 211-216.
Reinsch, S., MacRae, P., Lachenbruch, PA & Tobis,
JS. (1992). Why do healthy older adults fall ? Behavioral and
environmental risk : Physical & Occupational therapy in
Geriatrics, 11 (1) : 1-14.
Shumway-Cook, A. & Woollacott, M. (2000). Attentional
demands and postural control : the effect of sensory context.
J. Gerontol A Biol. Sci Med Sci, 55(1) : M10-M16.
Shumway-Cook, A., Woollacott, M.,
Kerns, KA. & Baldwin, M. (1997). The effect of two types of
cognitive tasks on postural stability in older adults with and without
a history of falls. J Gerontol. A Biol Sci Med Sci : 52(4) :
M232-M240.
Startzell, JK., Owens, DA., Mulfinger,
LM. & Cavanagh, PR. (2000). Stair negotiation in older people:
a review. J Am Geriatr Soc, 48(5) : 567-80.
Tinetti, M., Speechley, M. & Ginter, S. (1988).
Risk factors for falls among elderly persons living in the community.
N Engl J Med, 319 : 1701-1707.
| Vieillir de façon active et autonome est le fruit d'une coopération entre l'Université d'Ottawa et la Direction de la santé publique et des soins de longue durée de la Ville d'Ottawa. Pour de plus amples renseignements, veuillez vous rendre sur notre site Web à l'adresse : www.falls-chutes.com. Santé Canada et Anciens combattants Canada ont financé ce projet dans le cadre de l'Initiative de prévention des chutes. Les points de vue exprimés ici ne représentent pas nécessairement les politiques officielles de Santé Canada, d'Anciens combattants Canada, de l'Université d'Ottawa et de la Direction de la santé publique et des soins de longue durée de la Ville d'Ottawa. L'information présentée dans ce document date de 2004. |
|